Aimer ses beaux -parents ?
Mon défi

J’aimerais tant qu’il m’aime plus que son propre père !

30 avril 2018

Vous aimeriez que vos beaux-enfants vous aiment plus que leurs propres parents ? Beaux-parents, ne rêvez pas ! Cela n’arrivera jamais ! Vous ne pouvez prétendre remplacer leur père ou leur mère ! Et c’est même plutôt déconseillé d’essayer !

Dans cet article, je vous explique pourquoi en vous racontant l’histoire de Guillaume, Pauline et Arthur.

Guillaume vit avec Pauline et Arthur, le fils de cette dernière, qui a 8 ans. Quand il a emménagé avec Pauline, Guillaume s’est donné pour mission de s’occuper d’Arthur comme si c’était son propre fils. Il l’emmenait à l’école, lui faisait faire ses devoirs, participait à tous les entraînements de foot et aux rencontres sportives du week-end, lui lisait une histoire avant de dormir, etc. Quitte à évincer Pauline de temps en temps.

Au bout d’un certain temps, Arthur a commencé à s’éloigner de Guillaume. Le petit garçon lui a dit que ce n’était plus la peine qu’il vienne aux matchs de foot du samedi. Il a également insisté pour que ce soit sa mère qui s’occupe des devoirs et des histoires du soir. Pourquoi cette réaction de la part d’Arthur, alors que la relation avec son beau-père semblait au beau fixe, ce qui est loin d’être le cas dans toutes les familles recomposées ?

Le conflit de loyauté

Tout simplement parce qu’Arthur a déjà un père, qu’il voit une semaine sur deux ! La relation idyllique avec Guillaume a provoqué chez lui ce qu’on appelle un conflit de loyauté vis-à-vis de son vrai père. Arthur a naturellement laissé une grande place dans son cœur à son beau-père, mais au fil du temps, penser à son père est devenu douloureux. Il avait peur que son père, qu’il aime profondément, ne soit peiné de sa relation avec Guillaume. En somme, le petit garçon s’est mis à culpabiliser et a donc pris ses distances avec son beau-père.

Conflit de loyauté
Le conflit de loyauté est difficile à vivre pour les enfants

En effet, beaucoup d’enfants de parents séparés ou divorcés ressentent ce conflit de loyauté et s’interdisent de “trop” aimer le beau-parent, de façon inconsciente, pour ne pas faire souffrir le parent absent.

Mais ce n’est pas tout.

La culpabilité du beau-parent

En outre, Arthur a senti quelque chose d’anormal dans l’attitude de son beau-père. Il était omniprésent, trop prévenant, limite oppressant. Son attitude surprotectrice, voire possessive le mettait mal à l’aise. Sans vraiment pouvoir mettre des mots sur cette sensation, il percevait un manque de naturel de la part de Guillaume. Ce dernier en faisait trop.

Pourquoi Arthur avait-il cette impression ? La réponse est simple : Guillaume a un fils d’une union précédente, du même âge qu’Arthur.  Un fils qu’il ne voit malheureusement pas souvent, car il vit à l’autre bout du pays.

Père - fils, relation à distance
© Can Stock Photo / olesiabilkei

Alors Guillaume, inconsciemment, compense ce manque auprès d’Arthur. Mais les enfants détectent ces choses là. Et cela les met mal à l’aise. Ils ne veulent pas servir de bouche trou. Cela peut les décevoir et les mettre en colère. Encore une fois, l’enfant peut rejeter son beau-parent.

Injuste, frustrant ?

 

Vous faites tous les efforts du monde pour vous occuper d’eux et pour vous faire aimer…

Efforts pour se faire aimer
© Can Stock Photo / focalpoint

Mais parfois, vous vous demandez comment il est possible que votre beau-fils idolâtre sa vraie mère, alors que de votre côté, vous la trouvez insupportable !

Vous pouvez penser inconcevable que votre petite belle-fille adore son père à ce point, alors que ce dernier, contrairement à vous, ne vient pas aux réunions parents-profs et se fiche pas mal de ses résultats scolaires !

Cela vous parait injuste, mais vous devez l’accepter ! 

Durant votre carrière de beau-père ou de belle-mère, vous aurez certainement à affronter ce sentiment de frustration à maintes reprises. Une amertume qu’il vous faudra supporter, car malgré votre sempiternelle 3ème ou 4ème place, vous comptez beaucoup pour vos beaux-enfants.

Et puis, posez-vous la question qui tue : est-ce que vous aimez vos beaux-enfants autant que vos propres enfants ? La réponse parait évidente… et tellement normale. Il y a ce lien viscéral qui vous unit à vos enfants. Alors comment pourriez-vous en vouloir à vos beaux-enfants de ressentir ce même lien envers leurs propres parents ? Comment exiger d’eux qu’ils vous aiment plus que leurs parents ?

Mais alors, que faire ?

Il est possible de développer des relations affectives sincères et solides avec vos beaux-enfants : soyez présent(e) et à l’écoute. C’est la base ! Multipliez les marques d’intérêt, les petits gestes d’affection. Cependant, laissez votre conjoint(e) tenir son rôle et prendre les décisions importantes.

Ne tenez pas rigueur à vos beaux-enfants de ne pas vous aimer autant que leurs vrais parents. Tirez un trait une bonne fois pour toutes sur cette douce utopie de vouloir figurer en haut du podium dans le cœur de vos beaux-enfants. N’essayez surtout pas de prendre la place de la mère ou du père. Vos beaux-enfants ont des parents, et ils leur seront toujours attachés. On observe cette loyauté même lorsque les vrais parents sont défaillants ou absents, voire décédés.

Loyauté envers les parents

Soyez conscient(e) des limites, ne vous fatiguez pas inutilement, vous n’en vivrez que plus sereinement vos relations avec vos beaux-enfants. Pour connaitre des astuces supplémentaires, lisez mon article : Beaux-parents : quel comportement adopter au début ?

Épilogue

Suite au rejet d’Arthur et après quelques semaines de réflexion, Guillaume a pris du recul et a compris qu’il devait laisser Arthur respirer et laisser un peu de place à sa mère. Il a également accepté le fait qu’il n’est pas le père de cet enfant et qu’il ne pourra jamais l’être, “malgré” l’amour qu’ils se portent mutuellement ! Il s’est alors mis en retrait, dans une attitude d’observation bienveillante, et a attendu qu’Arthur revienne vers lui.

Et vous, vous êtes-vous surpris un jour à espérer qu’un jour vos beaux-enfants vous aiment plus que leurs vrais parents ?

Avez-vous déjà pensé que vos beaux-enfants sont bien peu reconnaissants par rapport à l’intensité de votre dévouement ?

Ces émotions sont tout à fait normales ! Racontez vos expériences dans les commentaires !

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