Belles-mères

Quand ses enfants sont là, je suis invisible !

Saviez-vous que nous, belles-mères, avons un pouvoir extraordinaire ? Nous pouvons devenir invisibles ! Si, si, et complètement !

En revanche, nous ne contrôlons pas ce pouvoir, c’est le côté négatif. Ce phénomène n’apparaît pas à la pleine lune ou à marée basse. Non, il survient tout simplement quand les enfants du conjoint posent un pied dans la maison !

Ca vous parle ?

Quand les enfants sont là, la belle-mère disparaît

Comme par magie… noire ?

Vous aussi, quand SES enfants sont là, vous vous sentez comme une application qui tourne en fond, qu’on ne voit pas ? Mais qui en passant est essentielle ! Car sans elle, le système s’écroule… Les repas, le linge, le ménage…

Vous aussi, vous constatez que toutes les règles habituelles de la semaine, imposées à vos enfants, volent en éclats ?

Vous aussi, quand ILS sont là, vous ne reconnaissez plus votre amoureux, qui se transforme (lui aussi a ses propres pouvoirs magiques !) en un papa gâteau et carrément laxiste, limite insupportable ?

Alors que depuis des jours et jusqu’à ce qu’il se prépare pour aller chercher ses enfants, c’était un homme attentionné, qui ne voyait que vous. Vous partagiez cette relation exceptionnelle, charnelle, vous étiez une princesse !

Et pouf, d’un seul coup, vous n’existez plus !

Bon, ben y a plus qu’à trouver une occupation, seule… y a bien une pile de linge à plier en ruminant colère et tristesse !

Ou alors vous occuper de vos propres enfants ! Oui, parce-que figurez vous que vos enfants d’une précédente union ont aussi le pouvoir incroyable de devenir invisibles ! C’est fou quand même non ?

Vous qui espériez voir naître une fratrie soudée et enjouée ! C’est râpé !

Chacun avec ses enfants

Résultat ?

Deux bulles se forment, l’une avec vous et vos enfants, et l’autre avec votre conjoint et ses enfants. Lui est carrément heureux, et ses enfants, n’en parlons pas ! Parfois même, vous avez l’impression qu’ils vous regardent du coin de l’œil avec un petit air vainqueur…

Vous vous en doutez, sur le long terme, ça ne peut pas marcher. La famille recomposée, c’est d’abord un couple ! Sans quoi elle n’existerait pas ! (Vous voulez en savoir plus ? C’est par ici).

Ensuite, chaque parent doit bien sûr pouvoir profiter de ses enfants, mais il faut doser ! C’est pas noir ou blanc, tout ou rien, le yin ou le yang, le jour ou la nuit ! On peut nuancer les choses tout de même !

Un tiroir « compagne », un tiroir « enfants »

J’ai connu ce sentiment d’abandon chaque fois que mes beaux-enfants venaient le week-end et les vacances.

Je visualisais alors mon conjoint devant un meuble avec plein de tiroirs !

Un tiroir à la fois !

Quand ses enfants arrivaient, il ouvrait le tiroir avec mon nom et celui de mon fils écrits sur l’étiquette, nous rangeait dedans pour le week-end, le refermait.

Il ouvrait alors celui de ses enfants, qu’il refermait après leur départ, pour rouvrir le nôtre…

Un seul tiroir à la fois ! Surtout pas les deux ! Il ne s’agirait pas de former une famille quand même ! … Ah bon ? Mais, un peu quand même si ? Je croyais que c’était l’objectif moi ! Quelle naïve je fais parfois !

Les enfants : créateurs d’émotions fortes

Ces situations peuvent provoquer chez la belle-mère des émotions violentes.

Je me souviens par exemple d’une sortie avec ses deux enfants et le mien (tous les 3 avaient entre 3 et 5 ans). Nous visitions une ferme, notamment la salle de traite des vaches. Les vaches nous tournaient le dos, alignées le temps de la traite automatisée, dans un certain brouhaha.

Mon conjoint a alors attiré ses enfants, un à sa droite et l’autre à sa gauche, s’est accroupi, les a entourés de ses bras et leur a donné des explications à voix basse à propos de la traite.

Laissant mon fiston en arrière, seul, hors de portée de sa voix et de son regard.

Voyant cette scène, j’ai senti une bouffée de colère, de révolte et un sentiment d’injustice m’envahir. Je me suis imaginée poussant mon compagnon la tête dans le derrière d’une vache…

pauvre bête !

Des scènes comme celles-ci, il y en a eu des dizaines. Me laissant à chaque fois sur le carreau, épuisée par la colère, le ras-le-bol et les conflits qu’elles provoquaient.

De plus, on peut vite en vouloir aux enfants envahissants, ces “vampires affectifs” qui ont peu d’intérêt pour la belle-mère quand leur père occupe tout l’espace. Evidemment, ce n’est pas leur faute ! Ils en profitent, ils ne le voient pas autant qu’ils le voudraient.

Mais le père ? Pourquoi est-il si exclusif ?

Il est censé aimer sa compagne comme un dingue !!

Pourquoi fait-elle partie de la déco dès que ses enfants sont présents ?

La vilaine coupable

Le père se sent coupable vis-à-vis de ses enfantsLa culpabilité !

Même quand ce sont eux qui quittent, ils culpabilisent. Et le pire, c’est que des années après, ils ne reconnaissent toujours pas que la culpabilité dictait leur attitude !

Entre nous, c’est normal de culpabiliser. Le rêve d’une famille unie qui se brise, ce n’est jamais facile à avaler. Mais de là à ouvrir et fermer des tiroirs !!

La culpabilité peut venir de :

  • la peur du conflit avec les enfants ou leur mère,
  • l’angoisse qu’ils ne veuillent plus revenir, ou que leur mère les en empêche (comme si elle avait tous les pouvoirs !!!),
  • le manque de confiance en leurs capacités parentales.

 

La culpabilité provoque chez le père des comportements variés :

  • ne se consacrer qu’à ses enfants en oubliant les autres,
  • les laisser faire ce qu’ils veulent, pour ne pas les contraindre (manque de cadre),
  • organiser toutes sortes d’activités, sans temps mort (manque de stabilité),
  • ne pas faire faire les devoirs (cause possible de conflit avec la mère),
  • négliger son couple et son rôle éventuel de beau-père,
  • laisser son ex faire des intrusions dans sa nouvelle vie,
  • laisser ses enfants manquer de respect à sa compagne,
  • chambouler les habitudes fragiles nouvellement créées avec sa compagne et ses enfants.

Mission difficile pour la belle-mère

Dure mission pour la belle-mèreBeaucoup de pères séparés ou divorcés sont jugés par les ex-femmes, qui mettent en doute leur capacité à être parent. Seulement parce qu’ils font différemment.

D’un côté, je peux comprendre ces mères qui doivent se séparer de leurs enfants. Elles ne peuvent plus contrôler.

D’un autre côté, celles qui jugent la nouvelle vie des pères, ne cessent d’intervenir et de d’imposer leur vision amplifient le phénomène de culpabilisation du père.

Si ce dernier laisse son ex-femme envahir sa nouvelle vie, son nouveau couple, il est difficile pour la belle-mère de se sentir légitime et considérée.

Il y a les pères qui ont envie de prouver au monde entier qu’ils sont capables de prendre soin de leurs enfants (ce dont nous, la nouvelle compagne, ne doutons pas). Ils veulent alors devenir les supers papas, qui font le job aussi bien voire mieux qu’un papa ET une maman réunis. Le résultat est le même : pas de place pour la belle-mère.

Enfin, il y a aussi le cas de la loyauté inconsciente envers la mère des enfants. Malgré la séparation et les conflits, certains papas ne souhaitent pas que leur nouvelle compagne prenne trop de place auprès de leurs enfants, car ils ont déjà une mère

Épuisement psychologique et physique

La belle-mère s'épuise à force de lutter pour trouver sa place

Pas évident de se dépatouiller dans toute cette purée de culpabilité mélangée à de l’égo, saupoudré de manque de confiance et d’anxiété.

Entre le fait d’être invisible par intermittence et la difficulté de prendre sa place en tant que compagne, femme et belle-mère, il y aurait de quoi jeter l’éponge des dizaines de fois, non ?

Mais il y a un ingrédient qui fait que nous tenons : l’amour !

Ou l’inconscience

Sûrement les deux !

Heureusement, ce pouvoir incontrôlable et encombrant disparaît avec les années ! Pour ma part, cela fait des années que je l’ai perdu. Je suis une belle-mère visible et fière de l’être !

Et vous ? Possédez-vous aussi ce pouvoir magique de l’invisibilité ?

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  1. Bonjour!
    Merci pour le partage car moi aussi je vis exactement tout ça: invisibilité quand ses enfants sont là et tout le reste alors qu’elles sont déjà grandes, la 1ère en Master 2 et l’autre en 2ème année à l’Université et elles vivent avec leur mère. Ce qui, normalement devrait être une bonne chose pour nous, mais non au contraire, elles font tout pour nous séparer et semer la zizanie dans Notre couple. Et le comble c’est que Mon mari le sait mais ne fait rien pour y remédier. Des fois quand sa plus grande fille se dispute avec lui et soudainement se retournait contre moi et me manque même de respect, il ne dit et ne fait rien, c’est comment s’il était ailleurs. Sans parler du fait qu’il ne m’écoute pas quand je lui parle, et beaucoup d’autres problèmes encore mais c’est trop long à raconter. Des fois j’en ai marre et voudrai partir

  2. Au début de notre relation j ai pas ressenti que j étais invisible, car il l avait tous les 2 jours. C est quand mon beau fils à eu 15 ans que j ai constaté que mon conjoint m attendait plus, mais partait en tête avec son fils. Il avait changé. Depuis 3 ans, qu’ il le voit que 2 week end par mois, j ai constaté qu’ il se consacre qu’ à son fils. Il fait les activités que son fils aime, le matin, l après midi, le soir, soit 6 heures de tarot. J ai pas les mêmes goûts d un jeune de 22 ans. Je passe mon week end à attendre, et j ai l impression d être une plante verte. Mon conjoint sait ce que je ressens mais il me dit qu’ il le voit peu. De plus mon beau fils boit, fume, entraîne son père et fait que nous mentir sur tout. Au fond de moi, je ressens beaucoup de colères. Je passe mon temps à attendre.

    1. Bonjour Véronique, merci pour votre partage. Quand votre beau-fils n’est pas là, comment se comporte votre conjoint avec vous ? Vous sentez-vous satisfaite de votre relation ?

  3. Bonjour, l’invisibilité semble être un don contagieux! Et je me sens soulagée de le lire car je doutais de mon objectivité sur la situation, de mes ressentis et émotions , pensant effectivement comme mon conjoint se plaît à le dire que j’étais jalouse. Ses enfants sont là 1 semaine sur 2. Ce qui pourrait être tout à fait vivable, sauf que … mon conjoint devient distant, ne me parle presque pas, fait des activités avec eux le samedi pour les « sortir », ne me propose pas tjs de venir et même si ce n’est que pour 1 h je me sens abandonnée et seule. A table seul son fils de 7 ans peut parler, sa fille de 10 ans étant elle aussi plus ou moins réduite au silence. C’est insupportable! Cela crée chez moi des colères insoupçonnées, à l’opposée de ma personnalité plutôt douce et bienveillante. Lorsque je lui dis, il devient agressif et hausse le ton pour me faire taire tout en faisant en sorte que ses enfants dans la pièce à côté l’entendent, sans parler des mots d’oiseaux rabaissants. Les enfants sont parfaitement indifférents à la façon dont leur père me traite, j’irai même jusqu’à penser qu’il s’agit d’un mécanisme un peu pervers ou les enfants se sentent rassurés lorsque leur père me rejette et leur père se sent moins coupable devant ses enfants lorsqu’il me rejette. Ses enfants nous empêchent de nous aimer et vivre notre amour sans complexe. Ils créent consciemment ou non, à dessin ou non , de la culpabilité chez leur père dont je fais les frais par sa manifestation très violente, sans que j’ai les armes . Cet enfer dure depuis 4 ans. Je ne suis pas une victime et chercher les bonnes solutions , mais si cela doit prendre du temps . Merci pour votre feedback

    1. Bonjour,
      Je suis profondément choquée et peinée par la façon dont votre compagnon vous traite !
      J’ai vraiment mal au coeur pour vous ! Pourquoi acceptez-vous cela ?
      Je pense que vous avez bien identifié le problème : leur père se sent rassuré et rassure ses enfants en vous dénigrant ouvertement. La culpabilité paternelle est souvent très très présente, je l’ai ressentie avec mon ex compagnon : par exemple, il n’avait aucune culpabilité à laisser ses enfants à ses parents pour ses loisirs et sorties perso (sans moi), partir une semaine pour un séjour sportif etc… par contre quand il s’agissait de partir en couple, il avait toujours des excuses pour que cela ne soit pas possible, ou annulé et jamais réorganisé. Pas au début de la relation bien sûr, mais au fil des ans, nous avons tout simplement cessé d’avoir des projets de couple. Vers la fin, il aimait à me rappeler brutalement que sa priorité était ses enfants, ce que je n’ai jamais contesté, mais cela est toujours humiliant à entendre, surtout sur ce ton qui résonnait comme un rejet. En résumé : je n’avais rien à demander (et encore, je ne demandais rien, je faisais juste remarquer que…)
      J’ai largué les amarres, dieu merci !! Aujourd’hui je suis comblée de joie et d’amour avec un homme merveilleux qui est toujours là pour moi et notre enfant commun. Il est un mari magnifique et un père attentionné, toujours présent pour chacun. La relation est saine et non biaisée par des mauvais maîtres (culpabilité, etc). Nous sommes à égalité dans notre foyer, le couple, l’enfant, chacun a une place aussi importante pour les uns comme pour les autres. Dans une famille recomposée, vous aurez généralement une sorte de hiérarchie qui va s’instaurer. Les enfants, les grand-parents, les amis, les loisirs et en tout dernier lieu, la belle-mère !
      Je vous souhaite bon courage si vous espérer solutionner cela, mais la culpabilité, à mon sens, est comme certaines maladies « mentales » : il faut que celui qui la porte ait envie de s’en défaire. Une personne anorexique ne s’en sortira que quand elle aura décidé que cette vie ne lui convient pas (j’en parle pour avoir accompagné pendant des années une personne malade): ce qui se passe dans la tête se ressout dans la tête, pas par des choses extérieures. Vous pourrez tenter de raisonner tant que vous voulez, c’est peine perdue. La solution doit être conscientisée, accepté et voulue…
      Sinon vous perdrez juste votre énergie, votre joie de vivre… pour rien !!!
      Ne vous laissez pas grignoter par petits bouts comme je l’ai fait. Je m’éteignais comme une petite bougie dans le froid de l’hiver, j’avais juste envie de mourir.
      Si la situation ne peut changer, de grâce, pensez à vous, vous pouvez trouver un tel bonheur ailleurs…
      Je regrette d’avoir mis si longtemps à m’en libérer. Mais aujourd’hui je suis un milliard de fois plus heureuse… 🙂

      1. Et bien Justine, je te rejoins. J’ai récemment mis un terme à une relation de 7 ans pour ces mêmes raisons, et ce en dépit de mon amour pour mon compagnon. Quand je l’ai connu, la mère de ses deux filles (6 et 7 ans à l’époque) venait de le quitter pour un autre. On y est allé tout doucement, à sa demande, pour ne pas « perturber » plus les filles. Je comprenais . Mais le problème, c’est que c’est devenu une habitude. J’avais toujours l’impression de devoir marcher sur des oeufs avec lui et ses filles. Chaque fois qu’elles arrivaient, je devenais invisible (mais je m’effaçais aussi parfois). Puis lorsque je voulais devenir visible, lui exprimer mes émotions, mes besoins, une seule réponse : « les enfants ne sont pas là souvent », donc fait avec. Oui, enfin un mois sans attention, c’est pas facile aussi pour moi du jour au lendemain… Ils devenaient complètement fusionnels, et quand ses filles vivaient en mode princesse à la maison, il me laissait le soin de faire les remarques négatives, pour soi-disant « asseoir mon autorité », tout en me disant de ne pas trop en faire, « pour ne pas les braquer ». Bon en gros, « joue le rôle de la marâtre mais soit gentille ». Pendant ce temps là je me donnais à fond pour que tout se passe bien durant les vacances. J’ai compris assez vite que mon compagnon agissait sous le poids de la culpabilité à vivre loin d’elles, et son ex se faisait un malin plaisir de rappeler à leurs filles que tout était de la faute du père. Mais mon compagnon ne voulait rien entendre de mes mises en garde. Nos projets de couple étaient de plus en plus difficile à concevoir car il y avait toujours plus de frais à payer pour les enfants, des difficultés financières, des perpétuels conflits avec son ex, … et au final pour moi, peu de soutien, toujours plus de demande d’être patiente et compréhensive avec sa situation, et peu de reconnaissance. Ça a été 7 ans d’amour, de joie, de galères et de tourments. J’ai fini par dire stop, à l’annonce d’un 3ème passage au tribunal à la demande de son ex pour augmenter la pension alimentaire. Le processus de séparation a duré moins d’un mois car partir relevait pour moi de la survie. J’étouffais… (ou « j’ai-tout-fait », comme vous voulez). Je n’avais pas choisi tout ça et je me suis complètement perdue en chemin, je m’étais oubliée, pensant naïvement que les problèmes ne dureraient pas. Mais quand j’ai compris que la situation ne changerait jamais et que j’étais la seule à me battre pour notre couple, je suis partie. Je n’avais plus d’énergie. J’ai compris malheureusement tardivement qu’il n’était pas disponible pour refaire sa vie, et je n’avais pas voulu le voir. Aujourd’hui, je suis libre et j’apprends à prendre soin de moi et à faire de moi, MA priorité !

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