Les fantasmes des sentiments dans les familles recomposées
Mon défi

Les 3 plus gros fantasmes sur les familles recomposées

29 mars 2018

Par “fantasme”, j’entends “idée, représentation imaginaire suggérée par l’inconscient”.

Quand quelqu’un en est à se poser des questions sur la famille recomposée, c’est qu’il/elle vit une relation amoureuse avec quelqu’un qui a des enfants. Avant de le vivre de l’intérieur, on peut fantasmer sur le déroulement futur des événements. Souvent, à ce moment là, l’amour nous donne des ailes. Alors on s’imagine plein de belles choses, on a le cerveau qui bouillonne d’idées positives. On se projette dans un monde où chacun est heureux et s’aime naturellement. On se sent d’attaque pour ce qui va suivre : la mise en ménage tous ensemble et la vie qui va avec.

Les fantasmes d'une vie idéale en famille recomposée
Le fantasme d’une vie idéale en famille recomposée – Photo de Rawpixel.com

C’est grâce à mes quelques années d’expérience en tant que belle-mère, et donc avec du recul que j’écris cet article aujourd’hui. J’ai identifié les 3 plus gros fantasmes qui montrent la naïveté extrême avec laquelle je suis entrée dans l’aventure de la famille recomposée.

L’évidence des sentiments

Le fantasme

J’aime mon conjoint(e), qui m’aime en retour. Donc forcément, tout va bien se passer avec ses enfants. Ils sont petits en plus, ils ne sont pas encore “pervertis” par les difficultés de la vie. Je vais m’en occuper comme si j’étais leur maman/papa, je vais les aimer, ils m’adoreront et seront dociles. Je saurai les faire rire et les guider sur le chemin de la vie. Et ils vont adorer mes enfants. Ils joueront tous ensemble gaiement. Nous formerons une famille formidable, heureuse et unie (youpi !).

 

Fantasme d'une famille recomposée merveilleusement unie
Fantasme d’une famille recomposée merveilleusement unie – © Can Stock Photo / nahhan

La réalité

Quoi ?

Comment ça je vais avoir du mal à les supporter, ces jolis petits bouts de chou ? Comment ça ils vont me pourrir la vie ? Et pourquoi restent-ils collés à leur père comme si je n’existais pas ?

Si vous croyez que parce que vous aimez leur père ou leur mère, vous allez aimer les enfants en un claquement de doigts, vous vous méprenez ! C’est même loin d’être évident et systématique ! Et d’ailleurs, ces derniers ne vont sûrement pas vous faciliter la tâche ! Le premier défaut de votre nouvelle moitié, c’est bien d’avoir des enfants ! Mais c’est le package entier ou rien !

Mais alors, que faire ?

J’ai enfin compris que non, nous les beaux-parents ne sommes pas obligés d’aimer nos beaux-enfants. Le minimum, c’est de les respecter, d’en prendre soin, d’assurer leur sécurité, de bien les traiter. Et c’est déjà pas mal !

Ça peut paraître “borderline”… Mais le fait est que si vous vous surprenez à ne pas ressentir de sentiments d’amour pour eux, ne culpabilisez pas, c’est tout à fait normal ! Ce sont les enfants d’un(e) autre ! On ne va pas se mentir, ce n’est pas pareil que l’amour que l’on porte à ses propres enfants ! Alors déculpabilisez. Arrêtez de vous mentir à vous même, revenez à plus de naturel. Ne forcez pas vos sentiments !

Le respect mutuel, la confiance et le temps feront leur travail. Il est tout à fait possible que l’amour finisse par pointer le bout de son nez !

La place des enfants

Le fantasme

Je n’avais pas une idée très précise de la place que prendraient ses enfants dans notre vie. J’imaginais que ce serait un peu comme ce que je vivais dans la famille recomposée de mon enfance : les parents d’un côté, les enfants de l’autre. Les enfants joueraient ensemble et ne viendraient pas trop nous enquiquiner…

La réalité

Quoi ?

Mon homme ne va pas oublier ses enfants quand ils sont chez leur mère ? Il les fera passer tout le temps avant moi ? Mais non, vous déconnez !

Et pourtant si ! Même absents, les petits monstres sont partout ! Dans la tête du papa, qui culpabilise et qui pense à eux sans arrêt ! Au téléphone, plusieurs fois par semaine, quitte à vous bousiller vos soirées. Dans tous vos projets de vacances, parce qu’on ne va tout de même pas partir sans eux ! En fait, toute votre vie va tourner autour des gentils bambins de votre chéri(e)… Et vous, vous vous sentez puérile parce que cette situation vous agace !

Mais alors, que faire ?

Il va falloir l’accepter ! Parce que vous ne pouvez pas demander à votre conjoint(e) de faire comme s’il n’avait pas d’enfants ! C’est tout naturellement que vous devez considérer ses enfants comme membres à part entière de votre nouvelle tribu ! Sinon, votre famille recomposée est vouée à l’échec. D’ailleurs, si vous avez des enfants vous-même, est-ce que vous trouveriez normal que votre conjoint(e) essaye de les mettre à l’écart ?

Avec le temps, l’équilibre se fait et ce sentiment que les enfants “envahissent” votre espace vital s’estompe. Tout comme la culpabilité du parent éloigné de ses enfants… A ce sujet, lisez mon article Pourquoi neutraliser la culpabilité qui vous empêche de sortir quand la tribu n’est pas au complet ?

La place des ex

Le fantasme

En tout état de cause, l’ex de votre conjoint(e) n’a pas trop son mot à dire quand c’est votre conjoint(e) qui a la garde des enfants et puis vu qu’ils sont séparés, vous n’en entendrez pas trop parler, tout ça c’est du passé… De plus, l’ex sera content(e) qu’il y ait du renfort pour s’occuper de ses petits en plus de son ex. Elle/il vous fera entièrement confiance et vous pourrez peut être même discuter tranquillement ensemble des enfants lors des changements de garde. Voire même devenir ami(e)s, avec le temps.

La réalité

Quoi ?

Comment ça son ex sera omniprésent(e) ? Comment ça il/elle va envahir notre vie, à tel point que nous allons devoir prendre en compte son avis et ses envies (à contre-cœur évidemment) pour faire le moindre projet de vacances, de voyage, de week-end ou autre ?

Il y a bien sûr plusieurs profils d’ex ! Il y a celles/ceux qui font confiance et qui arrivent à se séparer de leurs enfants pour profiter un peu.

Et puis il y a celles/ceux qui ne digèrent ni la rupture, ni l’absence subie de leurs enfants. Celles-là/ceux-là seront bien décidé(e)s à vous pourrir la vie pendant des années. Elles/ils vont influencer votre vie, vos envies. Vous aurez l’impression qu’elles/ils sont toujours derrière vous, prêt(e)s à gâcher vos moindres projets. Vous en arriverez peut-être même à faire passer l’ex de votre conjoint(e) avant vos propres envies pour vous et vos enfants : attendez-vous alors à ce que votre ex à vous râle de son côté…

Culpabilité, ex - Loin des fantasmes d'une vie idéale en famille recomposée
Conjoint qui culpabilise, ex envahissante – © Can Stock Photo / Sangoiri

 

Si votre conjoint(e) est paralysé(e) par la culpabilité, c’est malheureusement comme si elle/il déroulait le tapis rouge à son ex pour venir faire sa loi dans votre famille recomposée. L’ex pourra alors imposer au couple recomposé des changements de planning, des horaires qui l’arrangeront au détriment de votre famille. Elle/il pourra également vous faire des reproches sur vos capacités à bien vous occuper de ses enfants : l’état des vêtements, les devoirs mal corrigés, les menus peu équilibrés, les valeurs que vous essayez de leur inculquer… Sans parler des conflits liés à l’argent, que l’ex finira fatalement par réclamer sous prétexte de telle ou telle activité… Sans parler de l’aliénation parentale exercée sur ses enfants en votre défaveur. J’écrirai un article à ce sujet prochainement.

Tout cela peut finir en harcèlement moral et détruire votre famille.

Mais alors, que faire ?

On ne va pas se mentir, l’omniprésence et l’omnipotence de l’ex sont souvent une cause de rupture des couples recomposés. C’est pourquoi il faut réagir vite et fort ! Mais le souci, c’est que c’est à votre conjoint(e) de le faire ! C’est elle/lui qui doit mettre des limites à son ex. En effet, elle/il doit mettre les choses au clair avec son ex, être ferme et distant, tout en communiquant avec respect si cela est possible. Ici, votre conjoint(e) a une mission délicate mais nécessaire : protéger sa nouvelle famille recomposée des assauts de son ex tout en gardant un minimum de communication dans l’intérêt des enfants. Cela peut prendre des années avant que la situation ne s’équilibre. Parfois, cela n’aboutit pas : l’ex n’est décidé(e) ni à pardonner, ni a discuter. Quand le dialogue est rompu, il faut s’en tenir au jugement et cesser les vaines discussions.

Bon courage !!!

Non, ce n’est pas évident de se lancer dans le projet de recomposer une famille ! On cherche à construire sur des bases délicates et fragiles, chacun des protagonistes ayant vécu des événements négatifs dans un passé plus ou moins proche. Munissez vous de patience et de courage ! Pour des conseils supplémentaires, lisez mon article Beaux-parents : aborder les sujets qui fâchent

Et vous, avez-vous connu ces désenchantements quand la réalité a balayé vos fantasmes ? Comment avez-vous fait face ? Partagez dans les commentaires !

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