Mon défi

Que faire quand un enfant de la tribu menace le couple ?

15 juin 2018

Un des enfants de la tribu sème la zizanie ? Il vous mène la vie dure et ne vous accepte pas ? Vous vous disputez souvent avec votre moitié à cause de son comportement ? A tel point que vous commencez à remettre en question cette relation ? Stop, vous n’êtes pas seul(e). Comme vous, des milliers de beaux-parents (dont moi) traversent ce genre d’épreuves. Mais alors, que faire pour détendre l’atmosphère et arranger la situation ?

Dans cet article, je vous donne quelques pistes.

Dans la tête des enfants

Tim, 11 ans, a décidé que sa mère n’avait pas besoin d’un autre “homme” à la maison, autre que lui bien entendu. Sa mère est divorcée de son père, et en l’absence de ce dernier, Tim est le petit mec de la maison ! “Pourquoi donc maman a-t-elle besoin de ce monsieur qu’elle nomme “chéri” ? En plus, il a 2 filles qu’il nous ramène un week-end sur deux. J’aime pas trop quand elles sont là, elles me piquent mes affaires et je dois faire semblant d’être leur frère. Non, je préfère être seul avec maman, comme avant. Il faut que “chéri” s’en aille de nos vies ! Même si parfois, avant qu’il arrive, j’entendais maman pleurer le soir quand j’étais couché”.

Alicia, 5 ans, ne supporte pas sa belle-mère. Cela fait 3 ans qu’elle et son père sont ensemble. Son grand frère semble l’accepter, mais elle,  elle s’y refuse. Elle déteste quand ils se donnent la main ou se font des câlins. Elle ne supporte pas qu’ils passent du temps ensemble alors qu’elle, elle doit se coucher tôt. Lorsque sa belle-mère se place à côté de son père au restaurant, elle se sent triste et jalouse. Quand ils se promènent, elle se dépêche d’attraper la main de son père pour qu’il ne la donne pas à sa belle-mère.

Dans la tête des parents

Votre beau-fils/belle-fille se met systématiquement entre vous et votre moitié ? Il/elle fait des caprices, refuse de vous écouter, vous ignore superbement et accapare votre moitié ?

L'enfant vous ignore

Il/elle a des propos blessants à votre encontre ? Vous n’arrivez pas à gérer ces comportements ? Pire, vous ne cessez de vous disputer avec votre moitié à cause de cet enfant ?

Vous vous en prenez plein la tête à longueur de journée et cette relation commence à vous peser, car votre moitié ne semble pas décidée à intervenir ? Vous commencez à ressentir des émotions négatives : impatience, agacement, jalousie, colère, tristesse ?

En résumé, l’enfant menace votre couple et votre équilibre émotionnel ?

L'enfant accapare son père pour vous séparer
© Can Stock Photo / GeorgeRudy

Mais pourquoi est-il si méchant ?

Oui, pourquoi cet enfant s’acharne-t-il contre vous à ce point ?

Si vous êtes au début de votre relation avec son père ou sa mère

Ne prenez pas personnellement les attaques de cet enfant. C’est plus à votre fonction de beau-parent qu’il s’en prend plutôt qu’à vous-même en tant que personne.

Laissez le temps à l’enfant de s’adapter à cette nouvelle situation. Il a vécu la séparation de ses 2 parents, ce qui l’a à coup sûr perturbé. Et puis vous entrez dans sa vie alors qu’il n’avait pas besoin de vous. Il se sent en insécurité. Et plus il est petit, plus ce besoin de sécurité est grand.

Soyez patient(e), bienveillant(e) et avec votre moitié, rassurez l’enfant sur vos intentions. Dites-lui :

  • que vous n’avez pas l’intention de remplacer ni son père, ni sa mère,
  • qu’il est aimé,
  • que vous formez une nouvelle tribu où il a sa place, au même titre que tous les autres membres.

 

Passez du temps avec lui, apprenez à le connaitre et à l’écouter. Traitez-le avec respect et mettez en avant sa singularité : chaque enfant de votre tribu est unique.

Passer du temps avec l'enfant

Ces principes de base vous aideront à développer une relation de qualité avec l’enfant. Soyez persévérant(e), cela ne se fera pas du jour au lendemain.

Si l’attitude hostile de l’enfant dure dans le temps

Analysez votre relation

Prenez un peu de recul sur votre relation avec le parent de cet enfant.

En effet, croyez-vous vraiment en votre relation ? Si vous et votre conjoint(e) laissez paraître le moindre doute, l’enfant le percevra et se sentira en insécurité. Sachant que vous, son beau-parent, pouvez sortir de sa vie du jour au lendemain, il ne s’impliquera pas émotionnellement avec vous. Dans ce cas, montrez à l’enfant que le couple que vous formez avec son parent est solide et stable. Votre conjoint(e) et vous avez tout intérêt à :

  • Lui dire que vous vous aimez (en n’oubliant pas de lui dire que vous l’aimez aussi),
  • Eviter les disputes devant les enfants,
  • Consolider votre couple si besoin,
  • Faire du respect une valeur primordiale, pour l’exemple.

 

Fouillez dans votre passé

Votre histoire personnelle, votre enfance, la culpabilité peuvent également jouer un rôle. Croyez-vous suffisamment en votre rôle de beau-parent ?

Si je prends mon histoire personnelle pour exemple, je me suis rendu compte que je ne m’autorisais pas à être la belle-mère des enfants de mon mari, à trouver et prendre ma place. Pourquoi ?

Car lorsque j’étais enfant, orpheline de mère dès le plus jeune âge, je vivais avec mon père et mes frères. Ma belle-mère est entrée dans ma vie tel un bulldozer et a multiplié les erreurs. Résultat, elle a pris toute la place et a accaparé notre père. Cette situation m’a beaucoup peinée en tant qu’enfant. Si bien qu’en tant qu’adulte et belle-mère, je m’interdisais de me mettre entre mes beaux-enfants et leur père. A tel point que je m’effaçais trop !

Vous pouvez lire mon article sur les comportements à proscrire lorsque l’on souhaite devenir une belle-mère impliquée et bienveillante : Les 5 comportements de la belle-mère “sorcière”

Regardez du côté de l’ex

Il est possible que l’enfant soit influencé par l’ex de votre conjoint(e).

enfant influencé par l'ex

 

Cela arrive fréquemment. C’est d’ailleurs le cas dans ma tribu depuis des années. L’hostilité de mon beau-fils à mon égard a été très forte pendant plusieurs années à cause de cela. J’en suis arrivée à la solution extrême du désengagement, dont je parlerai dans un prochain article.

Dans ces cas là, et si la discussion avec l’ex est impossible, il vous faut ravaler votre orgueil et considérer l’enfant comme une victime qui n’y est pour rien. Même s’il met tout son cœur à vous pourrir la vie. Il s’agit ni plus ni moins qu’un lavage de cerveau. Ne vous y trompez pas, l’enfant est malheureux, tiraillé, perdu. Tous les conseils de cet article sont alors à appliquer plus que jamais.

Si vous et votre conjoint(e) restez droit dans vos bottes, irréprochables, rassurants et joyeux malgré les difficultés, l’enfant comprendra que le parent médisant a tort. Et bien entendu, interdiction absolue de dénigrer les ex devant les enfants (même si ça vous démange !).

Si c’est un ado

Ben, euh, bon courage ! 🙂

On le sait, l’adolescence est une période qui dure plusieurs années, durant laquelle les hormones modifient le physique et le psychisme des ados. Ils acquièrent un sens critique aigu et remettent souvent en question les règles des adultes. Ils s’opposent aux parents, aux professeurs, aux adultes en général. Pourquoi les beaux-parents seraient-ils épargnés ? Bien au contraire, l’attaque est facile et vous êtes une cible de choix. C’est souvent durant cette période qu’on entend le fameux : “T’es pas ma mère !”. Je ne l’ai pas encore entendu, mais je l’ai dit quand j’étais ado 🙂

Quand l'ado chamboule le foyer

 

Si l’adolescent se montre virulent avec vous son beau-parent, vous êtes en droit de lui demander de vous respecter et de respecter les règles de la maison. Mais plus que tout, il est primordial que votre conjoint(e) vous soutienne en toutes circonstances face à l’ado hostile. Sans ce soutien, vous avez peu de chances de vous en sortir.

A part serrer les dents et attendre que l’orage passe, on peut aussi espérer en cachette que l’agressivité des ados se retourne contre les parents biologiques plutôt que vers les beaux-parents (oui, je sais, c’est lâche, mais quand on a morflé pendant leur petite enfance, on est en droit de se réjouir un peu de ne plus être la cible principale de ses beaux-enfants 😉 )

Pour plus d’infos sur comment gérer ses émotions face à ses beaux-enfants, lisez mon article Beaux-parents en colère : envie de les emplafonner ?

En résumé

Soyez patient(e), faites du couple parental un pilier inébranlable, communiquez avec les enfants, surtout pour les rassurer. J’insiste sur le fait que le soutien du conjoint(e) est la base. Ensuite, à vous de jouer !

PS: aujourd’hui, mes relations avec mon beau-fils de 14 ans sont au beau fixe ! Comme quoi tout est possible, car on partait de loin ! 🙂

Et vous ? Avez-vous un enfant hostile (ou plusieurs !) dans votre tribu ? Comment gérez-vous ? Avez-vous des astuces à partager ? N’hésitez pas à vous exprimer dans les commentaires ci-dessous.

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