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Belles-mères

Parcours chaotique d’une belle-mère : comment la famille recomposée m’a rendue meilleure

24 juillet 2018

Comme beaucoup de femmes et de mères de famille, je n’ai jamais rêvé de devenir belle-mère ! Élever ses propres enfants est déjà un gros travail, alors ceux des autres ! Sauf que quand ça vous tombe dessus, pas le choix, faut s’y coller ! Dans cet article, je vous raconte comment je me suis plantée en beauté pour toucher le fond, avant de remonter doucement à la surface pour aujourd’hui assumer pleinement mon rôle de belle-mère, et avec le sourire en prime !

famille recomposée : débuts nonchalants

Quand je regarde 12 ans en arrière, je me revois immature et nonchalante, n’ayant peur de rien, et c’est sans doute grâce (ou à cause) de ce manque de maturité que je me suis lancée dans cette aventure de la famille recomposée tête baissée. Si aujourd’hui, une chance de retourner en arrière se présentait à moi, je ne le referais pas ! Je ne le referais pas … de la même façon 🙂

Oui, je sais, facile à dire aujourd’hui, avec mes années d’expérience dans le domaine. N’empêche que la Anne-Laure d’il y a 12 ans est presque devenue une étrangère, tant j’ai évolué ! Malgré les obstacles, je suis fière du parcours que nous avons accompli tous ensemble (adultes comme enfants) pour former notre tribu radieuse.  J’ai réussi à corriger des aspects de ma personnalité qui ne me plaisaient pas. Et je suis très fière de moi-même, de celle que je suis devenue.

J’ai l’impression que c’est le fait de créer cette tribu qui a fait de moi une femme !

La lente descente aux enfers

Je ne cherche ni à m’en plaindre, ni à me déresponsabiliser : mon parcours est une conséquence de mes choix ! Je vous le raconte, tout simplement, en espérant que ces mots résonneront pour certaines d’entre vous, et vous aideront à voir l’avenir plus rose.

Les épreuves que j’ai traversées, que ce soit la séparation d’avec le père de mon premier fils, les conflits qui ont suivi, la culpabilité extrême d’imposer tout cela à mon garçon, tout petit à l’époque, ont façonné ma personnalité au fur et à mesure des années.

Les débuts avec mon amoureux, passionnés mais chaotiques, son indécision, ses allers-retours, son divorce, les attaques violentes de son ex, ont continué de me malmener, comme un océan perpétuellement en colère qui vient creuser une falaise déjà fragile.

difficultés récurrentes en famille recomposée

 

En parallèle, les difficultés de la famille recomposée ont déferlé, telles un raz de marée, et ont ébranlé nos sentiments et nos certitudes. En effet, les obstacles sont alors nombreux :

  • la difficulté d’être mère séparée,
  • l’immense défi d’être belle-mère de très jeunes enfants,
  • les ajustements nécessaires pour notre couple et notre tribu, obtenus dans la douleur,
  • l’absence de soutien de mes parents,
  • la solitude abyssale, devenant familière,
  • la violence des émotions, non maîtrisées,
  • les inquiétudes quant à l’avenir,
  • l’envie récurrente de tout envoyer valser…

La chute puis le déclic

C’est simple, c’est mon corps qui m’a sauvée. Il m’a parlé pendant longtemps et je ne l’ai pas écouté. Il a fallu qu’il crie pour que je comprenne que j’étais arrivée au bout de mes forces psychologiques et physiques. Mon corps me hurlait : burn-out parental ! Ces douleurs m’ont usée, consumée, vidée de toute mon énergie.

Famille recomposée : plus d'énergie

Un jour, en une phrase, quelqu’un m’a aidée à comprendre : “Pourquoi es-tu aussi dure avec toi-même ?” ! J’ai alors réalisé que le problème venait de moi et de mon incapacité à gérer mes émotions.

Famille recomposée : gérer ses émotions

J’ai alors décidé de reprendre le contrôle. Aujourd’hui je suis toujours en train de me soigner contre des douleurs qui étaient devenues chroniques et qui m’avaient emmenée dans un centre anti-douleurs. J’ai soigné la tête en premier, le corps suit de près 🙂

famille recomposée : du pire au meilleur

Quelques naufrages plus tard, après avoir ramé encore un peu, j’ai le sentiment qu’aujourd’hui notre famille traverse une période d’accalmie plutôt agréable ! Mais je reste vigilante, je suis bien consciente que la vie peut nous réserver de bonnes comme de mauvaises surprises !

Les bénéfices

Ces 12 années ont fait de moi une femme :

Plus calme

En bref, c’est le jour et la nuit ! Avant, j’étais tantôt colérique, tantôt euphorique, une vraie pile électrique ! Soumise à mes émotions, je dépendais des événements extérieurs : j’étais réactive. Avec le temps, j’ai appris à gérer et ensuite dominer mes émotions. Je suis devenue proactive, j’ai repris le contrôle sur la réponse que je donne aux événements : c’est moi qui commande !  Résultat ? Je suis globalement plus calme et détendue, et ça fait un bien fou !

famille recomposée : position lotus

Plus patiente

Avant, une fois que j’avais pris une décision, il fallait que tout arrive vite et que tout le monde suive ! Sinon, j’étais soit frustrée, soit en colère (les 2 en fait !). Cette attitude est bien entendu complètement incompatible avec les enfants 🙂 Alors que j’écris ces lignes, je me dis que j’étais bien naïve et complètement à côté de la plaque pour imaginer une seule seconde qu’être impatiente à ce point pouvait marcher dans une famille recomposée ! La gestion des émotions, l’écoute des besoins des enfants et de mon conjoint m’ont rendue plus patiente. Je prends le temps d’analyser ce qui se passe, sans m’énerver. Et ça soulage !

Plus sereine

Devenue plus calme et plus patiente, j’ai commencé à voir la vie autrement : avec plus de sérénité et de confiance en l’avenir. L’envie de faire des projets de famille m’a alors poussée à développer le sentiment non seulement d’appartenir, mais surtout d’être le moteur de notre tribu recomposée. Les relations conflictuelles avec mes beaux-enfants se sont apaisées et au fil du temps nous avons construit des liens basés sur la confiance. Me détendre a sans aucun doute contribué à améliorer ma façon d’être mère avec mes 2 fils également. C’est tout bénef !

Plus sûre d’elle

Alors concentrée presque à 100% sur les difficultés liées aux relations familiales, je n’avais plus de jus pour le reste, que j’ai négligé : le boulot, les relations sociales, le développement personnel, etc. Au fur et à mesure, comme je devanais plus calme, plus patiente, et plus sereine, j’étais parée pour faire croître ce qui me faisait cruellement défaut : la confiance en moi ! Je ne suis pas encore au bout de mes peines dans ce domaine, mais j’ai fait de réels progrès depuis le début de mon aventure dans la famille recomposée. Je me suis alors rendu compte que mon boulot ne m’apportait plus aucune satisfaction et que j’y végétais par confort depuis plusieurs années.

Nous avons commencé par quitter la Région Parisienne il y a quelques années, direction Bordeaux ! Je vous expliquerai dans un prochain article pourquoi nous avons pris cette décision alors que les enfants de mon mari résident en Île de France.

famille recomposée confiance

Enfin, la confiance gagnée, cette quiétude, ce sentiment de paix intérieure m’ont aidée plus récemment à sortir de ma zone de confort :

quitter mon CDI pantouflard pour me lancer dans de nouveaux projets, dont ce blog fait partie. Et j’en suis très heureuse !

Moins timide

Je sais que je suis moins timide, grâce à ce blog ! Raconter mon histoire personnelle était impensable il y a encore quelques mois (voire quelques semaines). Désormais, j’arrive à la partager sans souffrir, avec l’envie d’aider d’autres femmes/belles-mères qui connaissent de grandes souffrances et frustrations.

Plus heureuse

Aujourd’hui je mesure la valeur des moments partagés en famille. Avant, c’était un enfer ! Je n’avais pas envie d’être là où j’étais. Désormais plus calme, plus patiente, plus sereine, plus sûre de moi et moins timide, je suis forcément plus gaie, plus enjouée et plus positive. Donc plus heureuse, tout simplement !

famille recomposée : belle-mère heureuse

Une nouvelle épreuve pour me tester

Récemment, j’ai eu l’occasion de tester mon “nouveau-moi”: mon fils aîné a décidé de partir vivre chez son père, en Andalousie (une magnifique région par ailleurs, que je vous conseille d’aller découvrir si vous ne la connaissez pas. Dépaysement assuré !). Une déchirure pour moi, sa mère. Mais je l’ai laissé partir, malgré la douleur. Je me suis trouvée forte, j’ai bien réagi. Mon côté positif a pris le dessus, j’ai refusé de m’apitoyer sur mon sort. Et aujourd’hui je suis heureuse pour mon fils, qui est heureux là-bas. Nos rapports se sont même améliorés.

Et mon mari et moi avons rebondi, comme d’habitude !  Nous avons adapté notre tribu à ce schéma, à nouveau. Et il faudra certainement recommencer. Mais nous sommes prêts !

Pour lire d’autres articles sur le boulot exténuant de belle-mère, rendez-vous sur la page “Belles-mères”.

Et vous ? Vous retrouvez-vous dans ces mots ? Arrivez-vous à gérer vos émotions et à prendre le contrôle de votre vie ? Avez-vous un jour touché le fond pour mieux repartir ? Avez-vous connu ce fameux déclic qui change tout ? Racontez-nous dans les commentaires !

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  1. Bonjour,
    Belle-mère depuis 7 ans et demi, je vous remercie pour votre site.
    Pas facile en effet d’endosser les habits de belle-mère.
    Pour nous la famille recomposée fait dans l’interculturel. Mes belles-filles m’appellent maman. C’était assez pesant les regards interloqués des personnes les premiers temps avec une belledoche blanche et 3 belle-filles black. Puis on s’habitue tellement qu’on s’en rend plus compte.
    Ma fille avait 1 an quand l’ex de mon compagnon lui a cédé à contre cœur le droit d’exercer son droit de garde alors qu’elle venait d’accoucher de son fils. Ca s’est fait dans un contexte tendu, la grande avait 9 ans, la seconde 5 ans et la plus jeune 3 ans. Je me suis sentie très perdue pendant quelques temps. J’avais souvent très hâte de les voir repartir et je me retrouvais complètement épuisée juste après.
    J’ai fait de mon mieux pour les accueillir et leur permettre de vivre au mieux cette situation, dont je me sentais en partie responsable. Cela parfois au détriment de ma propre santé…
    Avec le temps j’ai cadré davantage le quotidien pour que les tâches soient réparties. Même les choses sont parfois faites de mauvaise grâce, les tâches quotidiennes se sont routinisées.
    Il reste que c’est un sacré chamboulement de passer du mode M au mode XXL. D’autant plus qu’on a eu un 2ème enfant et que le logement est petit. J’ai le plus grand mal à faire appliquer des principes simples comme prendre soin de ses affaires et de celles des autres, ranger les choses à leur place, ramasser ce qui est tombé à terre, etc. Du coup j’ai l’impression de me transformer en super intendante, contrôleuse de service et chasseuse de désordre.
    Après j’ai aussi un lien particulier avec elles, que je vois plus que mes neveux et nièces. On a plaisir à se retrouver, à rire à 7. Elles parlent souvent à moi et notamment quand elles veulent faire passer un message à leur père. Je prend soin d’elles, je les aide pour les devoirs par exemple, j’ai aidé la grande pour trouver son stage de 3 ème. Elles sont comme mes filles mais à temps partiel…

    1. Merci pour votre commentaire et votre partage ! Vous avez un sacré parcours ! Le rôle de belle-mère est parfois bien ingrat : beaucoup d’efforts, peu de réconfort… Vos belles-filles vous appellent maman ? C’est une belle preuve de reconnaissance ! Au milieu de ce quotidien bien chargé, j’espère que vous vous accordez du temps pour vous et avec votre compagnon pour équilibrer tout ça ! 😉

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